Le Colombanois

Avril 2014

Chères Colombanoises, Chers Colombanois,

À la séance publique du 11 mars dernier, le conseil municipal a voté à l’unanimité un important règlement visant à imposer un moratoire sur tous les projets domiciliaires dont les phases n’ont pas encore fait l’objet de la signature d’un protocole d’entente avec la Ville. Ce règlement appelé Règlement de Contrôle Intérimaire (RCI) permettra à la Ville de procéder à une révision essentielle de son Plan d’Urbanisme. Le Plan d’Urbanisme est le document de planification établissant les lignes directrices de l’organisation physique de notre ville et de l’aménagement de son territoire. Il traduit une vision d’ensemble concernant le développement de la ville. Le RCI est un outil préventif et temporaire.  En effet, le développement débridé qu’a connu notre ville ces dernières années nécessite que nous fassions une pause pour acquérir différentes informations pertinentes et pour mettre en place l’encadrement nécessaire à faire en sorte que ce développement se poursuive dans un contexte de développement durable, en harmonie avec la protection du territoire, ses ressources et les personnes qui y vivent.

Ainsi, il faut se rappeler que toutes les résidences de notre ville s’approvisionnent en eau potable à même la nappe phréatique, laquelle est située sous les propriétés et au même endroit où nous rejetons tous nos eaux usées. Bien qu’une étude sur l’approvisionnement en eau potable soit en cours (par l’entreprise Richelieu Hydrogéologie inc.) et que nous ne voulons aucunement devenir alarmistes, nous devons faire le point sur les impacts de cet important accroissement d’usagers et l’augmentation significative des installations de traitement des eaux usées, particulièrement dans les quartiers plus densément peuplés. Il en va de notre qualité de vie à Saint-Colomban.

De plus, un projet de repérage et de cartographie des zones humides présentes sur le territoire que nous habitons sera aussi entrepris dès cet été (projet ayant par ailleurs obtenu l’approbation et du financement de la Conférence Régionale des Élus des Laurentides, du ministère du Développement durable, Environnement, Faune et Parcs, d’Environnement Canada, de la MRC, etc.). Il nous sera alors plus facile d’exclure de tout développement, résidentiel ou autre, ces zones essentielles à la régénérescence de cette précieuse et essentielle nappe aquifère. De récentes études ne laissent par ailleurs aucun doute sur le rôle écologique et la valeur de ces zones qu’il faut à tout prix protéger.

L’eau qui circule en surface de notre territoire n’est pas non plus à négliger. En effet, que l’on songe aux eaux de pluie et de ruissellement ou à celle liée à la fonte des neiges, il appert que, déjà, certains fossés de certaines rues et de certains quartiers posent de réels problèmes qui sont dus notamment à toutes ces récentes constructions. En effet, il s’accumule désormais des surplus d’eau à des endroits qui ne posaient auparavant aucun problème. Des sous-sols de résidences ont même été inondés suivant les pluies que l’on a connues pas plus tard qu’en janvier dernier… Il faut d’ores et déjà s’investir à régler ces problèmes plutôt que de permettre à de nouvelles constructions de les amplifier.

Que dire du déplacement des personnes ? C’est assurément un autre problème auquel la Ville doit réfléchir. En effet, actuellement, la réglementation ne force pas un promoteur immobilier à prévoir un espace sur les rues qu’ils construisent ou sur les terrains qu’ils aménagent pour que les piétons ou les cyclistes puissent circuler de façon sécuritaire. Pourtant, il s’agit de tenter de se déplacer sur nos rues autrement qu’en automobile pour se rendre compte combien il est périlleux de circuler à Saint-Colomban à pied ou à vélo… Il serait plus aisé de planifier de tels espaces alors que les projets se construisent que de tenter de les aménager après que la construction soit terminée. Plusieurs villes ont développé des solutions ingénieuses afin de ralentir la circulation automobile tout en maintenant la fluidité de celle-ci, et ces mêmes villes ont réussi à permettre la cohabitation des automobilistes, des cyclistes ainsi que des piétons. Saint-Colomban peut certes innover elle aussi !

La dangerosité de l’intersection du chemin de la Rivière-du-Nord et de la montée de l’Église constitue un des problèmes les plus criants liés à l’augmentation des résidents qui circulent sur ces importantes voies avec leur automobile. La construction d’un carrefour giratoire apparaît, selon les spécialistes, comme la solution la plus efficace à assurer la fluidité et la sécurité à cette intersection, cependant elle est estimée à près de 2 M$. Doit-on laisser le problème amplifier ou imposer un temps d’arrêt sur le développement, le temps de se donner une solution pour notre monde ? Poser la question, c’est y répondre.

La réglementation pourrait aussi prévoir des terrains plus grands, des dimensions plus larges, une
gestion différente des constructions lorsqu’il y a présence de cours d’eau, plus d’espaces verts,
plus de parcs ou même des normes liées à l’architecture, etc. C’est tout ça que permettra cette pause créée par le RCI. Nous sommes d’autant plus à l’aise avec ce moratoire qu’il est tout à fait conforme à nos engagements électoraux liés à un encadrement plus serré du développement domiciliaire dans notre ville. De plus, il importe de savoir, qu’avant de développer de nouvelles rues, en dehors de tout nouveau projet de développement résidentiel, il existe actuellement 1375 lots à bâtir à Saint-Colomban (650 terrains de plus de 4000 m2 et 613 de 4000 m2 et moins ainsi que pas moins de 112 terrains vacants à même des projets domiciliaires déjà autorisés).

Les ressources de notre Ville font une priorité du développement harmonieux et durable de notre territoire et elles sont à pied d’œuvre, tout comme le conseil, pour donner des résultats le plus tôt possible.

Je vous souhaite un heureux printemps !

Jean Dumais, maire