Le Colombanois

Mars 2014

Chères Colombanoises, Chers Colombanois,

La décision de la Ville de ne pas renouveler le Programme lié au contrôle des insectes piqueurs suscite une certaine controverse entre les citoyens. Plusieurs ont applaudi cette décision, notamment lors de la séance du Conseil du 14 janvier dernier ainsi que par courriel, mais plusieurs ont aussi exprimé leur désaccord. J’aimerais faire le point sur les motivations qui ont amené le Conseil à prendre cette décision.

La première raison est d’ordre économique. En effet, le contrôle des insectes piqueurs par épandage représentant une dépense de 230 000 $, il était tout à fait normal que nous nous y soyons attardés avant de la reconduire béatement. Bien que le montant de 36 $ par unité résidentielle fût payé directement par les contribuables, il devenait difficile d'offrir à nos concitoyens une baisse de leur compte de taxes tout en maintenant cette dépense.

Nous nous devions, avant tout, d'analyser davantage ce service. C’est donc avec la préoccupation
constante pour la qualité de vie de nos citoyens et pour nous assurer qu’ils en avaient pour leur argent que nous avons procédé à une analyse systématique de l’offre de service de la firme GDG Environnement Inc., seule compagnie offrant ce service au Québec. Voici ce que nous avons constaté : bien que l'entreprise garantissait un pourcentage d'efficacité à 80 %, elle était étrangement la seule responsable de son auto-évaluation ! De plus, malgré cette incongruité, à l’été 2011, elle évaluait elle-même ses propres résultats à 48,3%, ce qui aurait suffi à mettre fin au contrat la liant à la Ville, mais étonnamment, elle s’auto-évaluait à 80 % pour  2012 et 2013... S'il est vrai que les résultats semblaient probants dans certains secteurs de la Ville, dans d'autres secteurs, des citoyens dénonçaient vertement l'inefficacité du travail de cette compagnie alors que les insectes piqueurs continuaient de proliférer sur leur propriété. Les rapports mensuels et annuels de l'entreprise sont disponibles et leur lecture suffisait à orienter notre décision de cesser cette dépense publique.

De plus, l'entreprise GDG Environnement Inc., qui possède le monopole de ce service au Québec, a été condamnée pour trucage d’appels d’offres. Le jugement est disponible sur le site jugements.qc.ca. Voilà un autre argument qui nous incitait à questionner le renouvellement du contrat. 

Une autre raison qui a motivé notre décision est d’ordre environnemental. S'attaquer aux larves des insectes, c’est éliminer un niveau essentiel de la chaîne alimentaire nécessaire à une panoplie
d’organismes vivants (oiseaux, amphibiens, mammifères, etc.), et il est clair que cette action perturbe et déstabilise l’équilibre d’un écosystème déjà fortement éprouvé par le développement résidentiel effréné que connaît Saint-Colomban. Il est erroné de croire que les insectes piqueurs, aussi désagréables soient-ils, ne sont que des perturbateurs pour les humains et que leur élimination totale n’aura pas d’impact sur le territoire où les citoyens ont choisi de vivre en harmonie avec la nature. Le slogan de notre Ville n’est-il pas  la nature habitée ? Beaucoup de citoyens nous le rappellent constamment.

Le Conseil s’est aussi penché sur un aspect important qui nous interpellait soit celui de la santé publique en lien avec le virus du Nil et la dingue. Nous croyons qu’il ne revient pas aux Villes, avec leur maigre budget, de s’occuper du contrôle des insectes piqueurs lorsque ceux-ci sont identifiés comme une menace réelle à la santé publique dans une région donnée. Un programme provincial existe la-dessus, et il appartient au gouvernement provincial d'y voir comme cela a été fait dans certaines régions du Québec en 2013 et pourrait se poursuivre en 2014. Notre territoire serait donc couvert par ce programme provincial si les autorités compétentes le jugeaient nécessaire. Pour tout connaître sur le programme, rendez-vous à l’adresse http://www.mddefp.gouv.qc.ca/pesticides/virus-nil/index.htm

Une décision importante comme celle de s’engager, ou se désengager, dans cette dépense méritait une réflexion sérieuse basée sur la consultation d’informations pertinentes et de personnes susceptibles de nous éclairer dans l’intérêt du bien collectif. Nous l’avons fait en toute transparence, intégrité et respect comme nous nous sommes engagés à le faire en nous présentant pour siéger à l'Hôtel de Ville en novembre dernier. C’est avec les mêmes soucis que je vous présente aujourd’hui les motivations liées à cette décision. Bien entendu, il vous appartient de vous faire entendre si vous ne partagez pas cette orientation, et  de notre côté,  la création du Comité consultatif en environnement (CCE) répond à un souci citoyen d'être davantage écouté par la Ville et le Conseil. Cette instance permettra d'établir des politiques et des recommandations afin de s'assurer que les décisions prises par le Conseil soient le fruit d'une réflexion argumentée qui reposent sur des faits. Le CCE se penchera assurément sur le dossier des insectes piqueurs au cours des mois qui viennent et nous vous ferons part des conclusions obtenues.

Je vous salue respectueusement,

Jean Dumais, Maire