Le Colombanois

Janvier 2008

Janvier 2008, un mois qui marque le dixième anniversaire d’un événement gravé dans la mémoire des gens qui l’ont subi, le verglas de janvier 1998. À peine les festivités des Fêtes terminées, voilà que la pluie verglaçante a frappé rapidement notre territoire pour neutraliser toute circulation automobile et priver d’électricité la population. Les premières journées furent cruciales pour tester notre habileté à réagir adéquatement à toute éventualité, enfin presque ! Heureusement que notre municipalité compte bon nombre de bûcherons , ce qui a pu faciliter notre travail. Nous avons ouvert un centre d’hébergement pour recevoir les gens dans le besoin et distribuer ainsi eau, nourriture et bois de chauffage. Nous avons reçu l’appui de nombreuses personnes qui offraient leur aide aux plus démunis ou qui donnaient le gîte aux amis et voisins. Je leur suis encore reconnaissant aujourd’hui; bizarre quand même que ce soit souvent les moins bien nantis qui s’implique le plus.

J’ai également reçu la collaboration des maires (amis de collège) de différentes villes, dont Mont-Laurier et Ferme Neuve qui nous ont fait parvenir du bois de chauffage au grand plaisir de nos concitoyens. La même situation serait très différente aujourd’hui : la municipalité a de meilleurs ressourcespour affronter ces intempéries, autant du point de vue du personnel que des équipements. Il y a dix ans, j’étais en poste depuis deux mois seulement, alors qu’aujourd’hui, je suis mieux appuyé et en meilleure maîtrise de l’administration municipale. Ceci dit, je reste prudent devant les forces de la nature qui nous rappellent bien cruellement parfois notre indifférence et les abus dont notre société se rend coupable envers notre planète. Personne ne
peut la sauver à lui seul, mais il faut que chaque citoyen s’implique pour préserver l’environnement.

J’ai de gros doutes, à voir le vandalisme qui s’est encore produit durant les Fêtes sur les équipements municipaux, le saccage des abris pour les patineurs et autres biens publics. Je me demande toujours quelle
éducation (!!!) ont bien pu recevoir ces jeunes pour être si peu respectueux. Sans être psychologue, il faut bien comprendre que certains parents ont laissé des exemples similaires à bien des égards. Les jeunes ne sont pas méchants à la base, ils reproduisent seulement ce qu’ils ont appris. Discutez avec vos jeunes, questionnez les et contactez-nous pour remédier à la situation. On ne peut fermer tous les locaux et punir ainsi les bons citoyens. Quelqu’un me demandait de ne plus créer de sentiers piétonniers pour relier certains secteurs à des parcs publics sous prétexte de la présence de jeunes délinquants. Pour avoir initié des rencontres entre parents et intervenants pour discuter du vandalisme, j’ai constaté que la volonté de plusieurs étaient de se débarrasser de ces délinquants et de les déplacer ailleurs : mais ailleurs se trouve d’autres citoyens qui veulent eux aussi… les envoyer ailleurs. On ne peut ériger des clôtures partout sur le territoire ou créer des enclos. Nous vivons en communauté et il faut savoir écouter et discuter avec eux. Bientôt nous aurons des jeunes étudiants en techniques policières qui patrouilleront le territoire pour rencontrer ces jeunes et échanger avec eux; de plus, la Maison des Jeunes sera un endroit où ils pourront s’exprimer. Si vous voulez vraiment faire votre part, il y a lieu de créer un comité de quartier où les citoyens pourraient s’entraider pour se donner une qualité de vie. Tant que l’implication se limite aux belles paroles, il ne se passe rien. Un vieux dicton dit « Il faut que les bottines suivent les babines », alors il faut s’impliquer. C’est à chacun de faire sa part et donner à nos jeunes le goût de construire au lieu de détruire.

Enfin, merci aux cent personnes qui ont choisi de donner du sang le samedi 5 janvier dernier, un geste qui est tout à leur honneur et qui servira à sauver des vies. Je remercie M. Frédéric Broué qui a su bien organiser cette journée, et s’il y a eu des temps d’attente, c’est dû aux vérifications d’usage qui ont cours lors d’un tel événement.

Roland Charbonneau, maire